action sahara solidarité

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Montagne du Dahar

samedi 25 août 2012

Un eco-gîte en climat méditerranéen

Afin de pouvoir profiter de l'expérience de ces précurseurs "éco-gîte" que l'association Eau Vivante a aidé dans l'installation de mini-stations d'épuration autonomes, Catherine et moi-même avons visité le gîte de France de Christine aux Arcs sur Argens, un petit bijou de recyclage et d'utilisation optimale des ressources naturelles.
http://www.provence-golf.com/

Le mas des Romarins a été bâti sur une colline verdoyante dont l'espace est harmonieusement utilisé.
Adeptes du bio et du beau, le couple a réussi à intégrer l'écologie et l'art de vivre avec une surprenante efficacité.
Dans des conditions climatiques méditerranéennes il était intéressant de découvrir les enseignements d'une station d'épuration "eaux grises", associées à des toilettes sèches générant du compost humain.
toilettes sèches au Mas des Romarins - utilisation de sciure et d'une ventilation intégrée, séparation des urines


la répartition des eaux grises se fait à travers neuf bassins de décantation plantés d'iris et s'achève sous forme de mare abritant des carpes

les déjections sont mélangées à la paille. La maturation du compost dure deux années avant d'être utilisée au pied des arbres. Aucune odeur ne se dégage de ce container composé simplement de palettes recyclées. Le mélange de sciure et de paille absorbe la fermentation.    
L'expérience de Marc et Christine, les propriétaires de l'écogîte va servir au projet Ecovillage du Dahar, dans cette zone aride où l'économie de l'eau et des ressources revêt une priorité absolue. A partir d'une réhabilitation menée avec respect, le défi est de faire reverdir un bout de désert...et de servir d'exemple pour de futurs projets menés sur la région de Tataouine et Kebili.

vendredi 20 juillet 2012

Ferme-école de Douiret - Ecovillage du Dahar


Après accords des partenaires ruraux qui ont signé une convention, nous voici dépositaires pour dix années d'un hameau à restaurer dans la montagne et de plusieurs hectares de terres, de quatre sources,  ainsi que de parcelles d'oliviers et palmiers que nous allons dynamiser et revaloriser.

 La pépinière de jeunes oliviers a déjà été initialisée par Raouf, qui utilise des souches anciennes pour redonner vie au jeune plant à l'issue de 40 jours d'arrosage abondant. Cette méthode permet d'obtenir au bout de deux ans un petit olivier déjà porteurs de fruits malgré les difficultés climatiques.
 L'enquête menée auprès des descendants du village, a permis de mettre en lumière que cet espace difficile d'accès était autrefois un petit paradis dans lequel poussait beaucoup de fruitiers, dont les pêches, pommiers, grenadiers et même le clémentinier.

Alors pourquoi les habitants ont ils abandonné ce paradis ? A ma question, les difficultés économiques sont évoquées, mais c'est surtout le défaut d'électricité qui a conduit les familles à s'éloigner des maisons de leurs ancêtres. Des maisons qui semblent avoir été abandonnées récemment, tant elles semblent encore accueillantes.



Un repérage sur place (rendu difficile à cause des températures extrêmes avoisinant les 50° en ce début juillet), a permis de noter la présence du pistachier de l'Atlas, qu'on appelle localement bhartoum, espèce précieuse en voie de disparition. Il s'agit peut-être des derniers survivants présents en Tunisie et nous devons nous attacher à les protéger.

Soutenu par la Fédération Unesco de France, le programme de développement prévoit la mise en place d'une ferme école qui accueillera des lycéens et des professeurs à la découverte d'un écosystème des terres arides revalorisé à travers l'écovillage, et un mode de vie traditionnel en voie de disparition.
Les habitants se sont engagés à venir participer à la réhabilitation de leurs terres et de leurs maisons et ont accueilli avec enthousiasme cette initiative qui leur permettra de réintégrer dans de bonnes conditions le patrimoine de leurs ancêtres.
Le gîte de Raouf, partenaire du projet, met en place un itinéraire  pédestre sur les crêtes de la montagne, l'écovillage du Dahar servant de relais pour l'accueil et l'information des randonneurs qui trouveront sur place des produits directement issus de la ferme, fruits, confitures bio, fromages de chèvre, plantes de la montagne, shampoings à base d'argile, huile d'olive bio issue du pressoir antique.
Cette démarche d'économie solidaire se réalise en partenariat avec les habitants du village, le gîte de Raouf à Douiret, l'association Tunisie Solidarité Développement, l'ong Action Sahara Solidarité, les bergers de la montagne, et la Fédération Unesco.

mardi 19 juin 2012

Préservation des ressources naturelles


Dans un projet d'écovillage, les ressources naturelles sont systématiquement étudiées et préservées au maximum des possibilités, à plus forte raison lorsque cet écovillage prend racine sur une zone désertique.
Dans la région de Tataouine, les sources, les citernes, et les nappes d'eau souterraines existent, mais restent, pour la plupart, tributaires des précipitations très inégales selon les années. L'évaporation conséquente en surface ne permet pas à l'humidité de s'installer durablement afin de favoriser les cultures. Le sirocco notamment, soufflant en moyenne 37 jours par an est un élément redoutable à prendre en compte.
L'irrigation reste donc un problème majeur sur lequel notre équipe travaille. Là où d'autres projets ont creusé des puits, nous cherchons à éviter tout gaspillage d'énergie et de ressources, en utilisant l'apport naturel d'une petite source et en réalisant des citernes de collecte d'eau aux endroits stratégiques de la montagne.
Cela s'assortit également du recyclage de l'eau des ablutions, de la vaisselle et de la lessive, qui doit être utilisée pour les cultures, impliquant la nécessité d'utiliser des produits naturels comme la cendre de lavage ou autres, non polluants.
Les toilettes sèches sont une expérience écologique à mettre en oeuvre dans cet espace de vie, à la manière des refuges de montagne.
Pour découvrir le fonctionnement des toilettes sèches, voici un excellent article de "Graine d'eau" à découvrir :

http://www.grainedeau.eu/blog/lire-article-352459-1461630-la_toilette_seche.html

mardi 12 juin 2012

Reverdir le désert - Ecovillage du Dahar

LES OBJECTIFS DE L'ECOVILLAGE DU DAHAR


Valorisation des terres

Dans le cadre de l'écovillage du Dahar, la priorité est donnée à des actions de valorisation de la terre.
Une partie oasis et une partie en zone semi-désertique, de type steppe, va servir de champ expérimental à la culture agrobiologique diversifiée. Une petite surface de 5 hectares doit recevoir des plantations traditionnelles tels qu'oliviers, palmiers et figuiers, mais également vignes, figuiers de barbarie (notamment pour la retenue des tabias) et cultures maraichères.

Cette réimplantation doit servir à l'autonomie d'une cinquantaine de personnes, appelées à réintéger un village troglodyte actuellement abandonné, à l'issue de sa réhabilitation.

Cette expérience de valorisation des terres, de type jardin oasien, a donc pour vocation de nourrir directement une population rurale, tel que cela se pratiquait dans le passé.
L'aridité des sols implique un travail en amont, par la restauration de jessours et des citernes, et une fertilisation du sol par apport de débris végétaux afin de produire de l'humus, dans lequel s'enracineront plus facilement les plantations. Une irrigation maîtrisée, évitant l'évaporation, doit être menée, afin de respecter les ressources naturelles en eau.



Développement économique

Toujours en se basant sur la productivité locale, l'idée de créer une petite fromagerie artisanale dans les grottes de la montagne, peut permettre de valoriser la production laitière (chèvres et brebis) sur place, et créer une dynamique économique nouvelle. La consommation du lait et des fromages est bien sûr une composante de l'alimentation des participants à l'écovillage.





Développement artisanal

Dans le cadre du développement artisanal, les activités de poterie et de tissage semblent être un axe prioritaire, permettant de faire revivre des savoirs faire en voie de disparition, favorisant une transmission, et intéressant les visiteurs du Dahar, les touristes randonneurs. Ce projet a de multiples interactions :
-soutien aux tisserandes berbères par l'achat de métiers à tisser et de laines
-présentation de leurs travaux
-échanges de savoirs
-tourisme solidaire

Activités culturelles

Outre les activités culturelles telles que l'initiation au tissage et à la poterie, des animations se référant à la découverte du passé de la montagne, de la botanique et de la vie des berbères seront programmées au fur et à mesure de la mise en place d'une structure d'accueil. Des publications à disposition des visiteurs et randonneurs permettront de mieux appréhender la richesse de ce milieu préservé et de créer une dynamique d'échanges entre les cultures européennes et berbères.



Tourisme solidaire et participatif

La demande touristique s'affirme de plus en plus dans le séjour de rencontre et de participation à la vie des autres cultures. Les amateurs de randonnée nature, les passionnés de culture et d'histoire, les groupes d'amis et les familles s'inscrivent dans une démarche de tourisme solidaire et participatif à laquelle peut répondre une petite structure comme l'écovillage du Dahar.



Le développement durable

Ce micro-projet de l'ong Action Sahara Solidarité prend racine sur une petite partie du territoire de Tataouine, région semi-désertique où un programme d'action nationale de lutte contre la désertification est en place depuis 2006. Beaucoup d'efforts ont été entrepris pour faire revivre cette région. L'objectif de l'éco-village du Dahar est d'apporter sa contribution volontaire à l'épanouissement d'une région au patrimoine en voie de disparition, à un mode de vie autrefois auto-suffisant qui a été abandonné mais qui ne demande qu'à renaître sous l'impulsion de quelques passionnés d'agrobiologie et développement durable. Avec la participation des associations locales et des acteurs économiques ruraux, l'écovillage du Dahar prend toute sa dimension de lien entre le patrimoine ressource et un devenir économique possible qui respecte autant l'être humain que son environnement.

pour tout renseignement :


mercredi 6 juin 2012

La vie dans les montagnes de Tataouine


Dans la citadelle antique de Douiret, un millier de personnes vivaient autrefois. Leurs ressources provenaient des oliviers, pas moins de trois moulins activés par des dromadaires tournant la meule, étaient en activité dans le village. Figuiers, orge, légumes, dattes, complétaient les cultures. Chaque unité de maison était organisée en petite ferme avec ses quatre grottes servant de chambres, sa petite cuisine extérieure, ses ghorfas pour engranger les récoltes, sa petite bergerie et la cour fermée protégeant l'intimité de chaque demeure, où couraient les poules et les coqs. Les ânes servaient de véhicule, les femmes tissaient leurs vêtements, les enfants surveillaient le feu, les vieilles femmes écrasaient l'orge et le blé avec une grosse pierre plate qu'elles tournaient inlassablement. Quand la farine était prête, elles pétrissaient la pâte à pain qu'elles enfournaient sur des poteries brûlantes, à même la paroi. L'odeur de la tabuna remplissait alors l'espace. Les portables n'étant pas encore nés, d'une montagne à l'autre, les hommes s'interpellaient d'une voix forte pour communiquer, profitant de la résonnance de la pierre...le brouhaha de la vie s'engouffrait dans la vallée, mêlé de bêlements et de cris d'enfants... Le silence a pris possession de la montagne il y a cinquante années.

vendredi 25 mai 2012

Le jesser, ouvrage hydraulique antique du Dahar


le jesser est un ouvrage hydraulique antique remarquable, très présent (bien qu'actuellement souvent dégradé) présent dans les monts du dahar de la région de Tataouine, qui a permis l'irrigation de petites parcelles de terre dans laquelle les oliviers et quelques palmiers ont réussi à prendre racine. Des oliviers millénaires sont ainsi encore présents sur le sol de Douiret, vestiges sublimes des anciennes oliveraies très présentes autrefois. Les gros murs de pierres se sont trouvés emportés par les violentes précipitations qui dévalent des montagnes, entrainant des blocs de roches sur son passage. Depuis l'érosion menace les terres arables, sauf dans les endroits où des restaurations de jessours ont été pratiquées. comment fonctionne un jesser :

jeudi 17 mai 2012

Douiret antique

Abdou, natif du village, m'a confié ces photos de famille qui racontent mieux que des mots, l'histoire de cette petite citadelle antique de Douiret, fief des berbères jebalya, un des derniers bastions berbères. Parsemées dans la montagne, de nombreuses petites citadelles comme celle-ci ont connu des sorts différents.
Chenini, village troglodyte voisin, a été restauré et dynamisé à grands coups de publicité et de touristes en autobus, au risque de perdre totalement son charme et son identité. Il possède heureusement la paisible mosquée des 7 dormants, haut lieu de réconciliation entre l'islam et la chrétienté grâce à la légende des "géants endormis".
D'autres petits villages, comme Ras el Oued, Djardjar, Daghalyat forment un collier de vestiges étranges ou sublimes, dominant les oueds et les vallées, comme des sentinelles sauvages, très souvent désertés par leurs habitants, et voués à une destruction lente et irréversible.
ecovillage du dahar
marabout et ksar fortifié de Douiret - début 20e siècle

ecovillage du dahar
Douiret antique au début du 20e siècle